La genèse d’Adur : La Disparition
Il y a des jeux qui naissent d’un concept de gameplay. Adur : La Disparition, lui, est né d’une nuit qui aurait pu très mal se terminer.
Une soirée de vacances, presque comme les autres
Ma femme et moi avons une règle, simple et jamais discutée : on ne part jamais sans nos enfants. Sauf une fois. Ce soir-là, nous avions confié notre fils de six ans à son grand-père le temps d’une sortie. En quelques minutes, l’enfant s’est rendu compte de notre absence — et il est parti seul, dans la nuit tombante, pour nous retrouver. Il aurait pu disparaître au sommet d’une côte si un voisin n’avait pas donné l’alerte à temps.
On en a beaucoup ri le lendemain, comme on rit des peurs qui finissent bien. Mais cette histoire n’a plus vraiment quitté mon esprit.
« Et si… »
C’est la question qui a tout déclenché : et si l’enfant avait dépassé cette côte ? Et si, cette nuit-là, il avait fallu suivre à la fois la fuite d’un enfant et la course d’un adulte parti à sa recherche, chacun avec sa propre lecture du danger, du temps, du monde ?
Adur : La Disparition est une réponse à cette question, sous la forme d’une fable plutôt que d’un fait divers. Le jeu explore les vingt-quatre heures d’une fuite d’enfant et de la poursuite menée par son grand-père, toujours plus au sud, aux portes des montagnes et du temps.
Du conte hypothétique au jeu vidéo temps réel
Ce passage du récit linéaire à l’interactif a un effet très concret sur l’écriture d’Adur : le joueur ne regarde plus une histoire, il la traverse — et chaque choix, chaque hésitation, devient une part du récit lui-même.
Une fable à deux voix
Le jeu se construit autour d’un principe simple à énoncer, et riche à jouer : le joueur incarne tour à tour l’enfant, , et le grand-père. Les deux personnages ne se croisent jamais directement à l’écran avant le dénouement — mais leurs destins sont intimement liés par le temps et l’espace : chaque pas de l’enfant façonne le chemin que le grand-père devra emprunter quelques heures plus tard.
Mais cette disparition n’est pas seulement celle d’un enfant : c’est aussi celle des histoires, des mythes et des légendes qui ont forgé le Sud-Ouest et les montagnes de la frontière — et celle des liens qui se tissent entre les générations.
Où en est le projet aujourd’hui
Adur : La Disparition est actuellement en pré-production : écriture, direction artistique, premiers prototypes jouables sous Unreal Engine 5. On reviendra bientôt, dans un prochain article, sur la manière dont on a construit les personnages d’Adur et Aitatxi avant même de poser la première ligne de gameplay.
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